« Apprendre à écouter son enfant, c’est savoir lire dans son coeur ». Sonia Lahsaini

Depuis quelques semaines, notre fils passe le mercredi après-midi avec un copain qu’il a rencontré à la crèche; une manière pour nous, parents, de préserver une amitié naissante. Hier, le matin même de l’une des rencontres, la maman du copain m’annonce qu’un imprévu les empêche de recevoir Merlin chez eux l’après-midi.

Il n’a donc pas l’information quand je le retrouve à l’école.

Notre fils quitte la classe hyper enthousiaste vers 12h30 et vient à ma rencontre en me disant, un sourire jusqu’aux oreilles : « Je suis trop content d’aller chez « Tom » (prénom d’emprunt pour préserver l’anonymat de nos amis) ». Je respire… et je tente d’accueillir toutes les pensées que mon coeur de maman se raconte à la perspective de sa réaction quand il va apprendre la nouvelle; je prends bien soin de les mettre de côté pour ne pas induire quoique ce soit dans le dialogue qui va suivre entre nous (sans cela, je risque de teinter la relation de mes inquiétudes). Je me mets à sa hauteur et je lui explique, pour les raisons qui sont celles que j’ai apprises le matin même, que l’après-midi avec Tom est annulé. Son petit visage se transforme, il se crispe et il se met à pleurer très fort, en me disant que si, il veut y aller, qu’il ne comprend pas pourquoi il ne peut pas y aller, etc. L’émotion prend toute la place… J’ouvre les bras et il vient s’y blottir, en pleurant toujours très fort. Je suis là, présente, inconditionnellement et je respire encore. Je prends le temps d’accueillir son chagrin. Lorsque j’intuitionne qu’il y a un tout petit peu de place pour les mots (lorsque les pleurs sont moins intenses dans le cas présent), je tente de le rejoindre.

Je lui dis : « Je vois que tu es très triste mon coeur…».

(Il fait oui de la tête dans mon cou).

Je poursuis : « Tu te faisais une telle joie d’aller jouer avec Tom, c’est ça? ». 

Il acquiesce et je continue à accueillir les sanglots. 

Il me dit : « J’avais préparé mon camion Mac et je voulais lui montrer pour qu’il puisse jouer avec ses voitures Cars qui sont trop cool». 

Je lui réponds : « Oui, mon coeur, je vois que tu avais tout prévu pour que vous puissiez jouer ensemble ». 

Il acquiesce de nouveau, je poursuis : « Même que tu avais déjà emporté le camion dans la voiture ce matin pour ne pas l’oublier ». 

Il acquiesce encore, je continue : « C’est vraiment chouette n’est-ce pas de retrouver Tom et de jouer avec lui ? ». 

Il relève la tête, un peu apaisé, et me demande : « Si je n’y vais pas aujourd’hui, quand est-ce que je pourrai le voir ? ».

(…)

Notre échange a duré quelque chose comme 5 minutes, sur le pas de la porte de l’école, sur le trottoir, devant d’autres parents.

A une époque, je sais que j’aurais pu nous éloigner et avoir cette conversation dans la voiture, par peur du regard de l’autre.

A une époque, je sais que j’aurais pu minimiser les pleurs et lui dire « Ce n’est pas grave, tu le vois de toute façon la semaine prochaine ».

A une époque, je sais que j’aurais pu m’emporter, manquer de patience et trouver sa réaction disproportionnée.

A une époque, je sais que j’aurais pu minimiser ses pleurs et lui dire d’arrêter de « faire le bébé ».

A une époque, je sais que j’aurais pu culpabiliser, être en difficultés avec ses pleurs et essayer de lui changer les idées pour ne pas avoir à gérer ma souffrance de le voir si triste.

A une époque, je sais que j’aurais pu avoir la douce illusion de combler la tristesse en lui proposant d’aller manger une glace ou de lui acheter un cadeau.

Aujourd’hui, je sais que je peux encore avoir toutes ses réactions. Je sais que je suis humaine et que, malgré toutes mes aspirations profondes, je peux poser des actions qui ont un impact différent de ce que j’aimerais sur la relation.

Si je n’ai pas pris soin de moi.

Si je n’ai pas la disponibilité intérieure.

Si mon rapport au temps n’est pas apaisé.

Si je me sens fatiguée, contrariée ou démunie.

Si je ne suis pas au clair avec mon intention et ce que j’ai à coeur de me (nous) faire vivre.

Aujourd’hui, je mesure encore combien il est essentiel pour moi de poursuivre mon cheminement personnel et d’être accompagnée dans cette mission de vie qu’est celle de maman, en allant à la rencontre, notamment, de mon enfant intérieur.

Alice Miller écrit dans son livre « Le drame de l’enfant doué » : « Dans la lutte contre les maux de l’âme, nous disposons aujourd’hui, semble-t-il, d’un moyen fort efficace : trouver, sur le plan émotionnel, la vérité sur l’histoire unique et singulière de notre enfance. » Nous avons toutes et tous été des enfants avant de devenir des adultes et il apparaît de plus en plus que les blessures ou les sévices que nous avons vécus dans notre petite enfance, s’ils ne sont pas résolus, déterminent partiellement notre façon d’être parents.

Forte de ces connaissances et de l’expérience qui est mienne, je vous accompagne, à mon tour, avec beaucoup d’humilité, vers la parentalité à laquelle vous aspirez.

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