« … l’enfant n’a pas besoin de parents parfaits… »

Je suis maman de deux enfants, dont l’aînée a bientôt 19 ans. Et si je partage habituellement mon expérience de parentalité au départ de ce que je vis avec mon cadet de 3 ans et demi, la lecture du livre d’Aletha Solter sur les pleurs et les colères des enfants me met davantage en lien avec ma première maternité.

J’ai l’élan de vous partager les 2 parts de moi qui se manifestent, après avoir dévoré les dernières pages de cet ouvrage :

la première part de moi est celle qui aurait voulu avoir lu ce bouquin au moment où j’étais enceinte de ma fille. 

J’aurais aimé comprendre que les pleurs et les colères ont aussi une fonction réparatrice – et donc thérapeutique – dans la gestion du stress et du traumatisme (après leur fonction première qui est d’exprimer une gêne).

Que pleurer est un besoin authentique (en ce sens qu’il n’y a pas de « fausses » larmes) et que les larmes ne sont ni au service d’une forme de manipulation, ni une manière de tester les limites. Au contraire, ces situations sont souvent une opportunité, un prétexte, que se donne mon enfant pour « exploser » et se décharger émotionnellement. 

Que le traumatisme peut être lié à la naissance (accouchement douloureux) ou « simplement » au fait que mon enfant, à l’âge de 2 ans, ait été bousculé par un chien et qu’il ait eu très peur.

Que ses pleurs sont à la mesure de ce qu’il vit (ou a vécu si il n’a pas pu les exprimer sur le moment).

Que mon enfant a besoin d’un accueil inconditionnel dans ce qu’il vit pour se déposer dans mes bras en confiance.

Que si la crise semble disproportionnée (à mes yeux d’adultes), il est possible qu’il s’agisse d’une accumulation de stress dont mon enfant n’a pas pu se défaire antérieurement et que c’est l’occasion pour lui de se déposer pleinement.

Qu’il n’exagère pas : il se « guérit ».

Que le distraire de ses pleurs peut être perçu par lui comme une sorte d’abandon émotionnel.

Que lui proposer un doudou ou la tétine pour faire cesser les pleurs devient à la longue un mécanisme de défense, et que le doudou n’est donc pas forcément un objet qui rassure mais bien un objet qui permet de réprimer les pleurs.

Que réprimer les pleurs est une stratégie maladroite qui répond à une forme d’inconfort chez moi, et d’incompréhension.

Que si les pleurs m’insupportent, d’une manière ou d’une autre, c’est sans doute parce que je n’ai pas eu l’occasion, lorsque j’étais moi-même enfant, de pleurer tout ce que j’avais à pleurer.

la seconde part de moi est celle qui se rappelle que lorsque ma fille est née, j’avais 23 ans et un tout autre rapport au Monde.

J’essaye de prendre soin avec douceur de cette part et de garder en tête que j’ai fait du mieux que je pouvais, avec la conscience qui était la mienne à ces moments-là. Je peux observer combien certains comportements n’ont pas été au service de notre relation, et à la fois j’ai la confiance que l’être humain peut guérir à tous les âges et qu’il n’est jamais trop tard pour commencer. En d’autres mots, avec la conscience qui est la mienne aujourd’hui (et depuis quelques années maintenant), je tente vraiment d’accompagner ma fille au départ d’un espace de paix et d’ouverture, en étant davantage à l’écoute de ses sentiments et de ses besoins.

Cette posture est le résultat de nombreuses années de travail sur moi. Je ne suis pas née « maman »; je le deviens un peu plus chaque jour, à la lumière des expériences que je vis avec mes enfants au quotidien, en veillant à prendre soin des espaces où cela reste parfois encore inconfortable pour moi. Cette démarche d’accompagnement n’est pas simple, elle demande énormément de courage et de force. Et nous l’avons toutes et tous à l’intérieur de nous, portée, pour ma part, par l’intention d’accompagner mes enfants au plus juste de ce qu’ils vivent, avec amour, authenticité, bienveillance et humilité.

Si vous aviez à retenir une seule hypothèse que nous propose Aletha Solter, rappelez-vous qu’une des pistes pour accompagner au mieux les pleurs et les colères de votre enfant est d’aller revisiter votre propre enfance et d’aller voir comment ont été accueillis vos propres émotions à l’époque : « Quels sont les stress qui n’ont pu être évacués lorsque j’étais petit ? Mon besoin de pleurer a-t’il été satisfait inconditionnellement ? Qu’ai-je transmis de mon histoire à mes enfants ? ».

Différentes questions dont les réponses soutiendront à l’avenir votre posture de parent conscient.

Je vous accompagne avec joie sur ce chemin de vie.

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